Notre représentation actuelle des Vikings a été fortement influencée par des peintures réalisées des siècles plus tard, durant le nationalisme romantique scandinave des XVIIIe et XIXe siècles. À cette époque, les artistes puisaient leur inspiration dans la mythologie nordique et les sagas, y intégrant leurs propres idées, comme des guerriers casqués de cornes et des guerrières représentées comme des déesses grecques, autant d’éléments qui n’auraient eu aucun sens à l’époque viking.
Bien que ces peintures ne soient pas nécessairement historiquement exactes, elles n’en sont pas moins une source d’inspiration et ont contribué à façonner la perception moderne des Vikings. Voici neuf des peintures les plus importantes et les plus saisissantes sur les Vikings et la mythologie nordique.
1. Åsgårdsreien (La Chasse sauvage d’Odin) – Peter Nicolai Arbo (1872)

Lieu : Musée national d’art, d’architecture et de design, Oslo, Norvège
Peter Nicolai Arbo (1831-1892) était un peintre norvégien de premier plan, figure majeure du mouvement nationaliste romantique scandinave. Alors que la plupart de ses contemporains privilégiaient les grands paysages de fjords et de montagnes, Arbo puisait son inspiration dans les sagas et le folklore.
Sa représentation de la Chasse Sauvage est largement considérée comme le chef-d’œuvre visuel emblématique du folklore nordique. Il s’agissait d’une chasse surnaturelle menée par le dieu Odin, généralement aux alentours de Noël, au cœur de l’hiver. Bien qu’elle ne fût pas malveillante, il était extrêmement dangereux de se trouver sur son passage.
Plutôt que de s’inspirer directement du folklore, la peinture d’Arbo s’inspire du poème romantique de Johan Sebastian Welhaven, Åsgårdsreien, composé en 1844. Les cavaliers se déplacent en une diagonale descendante et puissante, donnant l’impression de fondre sur le spectateur. À l’exception d’Odin, monté sur un cheval blanc, l’image montre une multitude de chevaux noirs en pleine mêlée, leurs cavaliers portant lances, arcs et torches. Thor accompagne Odin dans un char tiré par des boucs, brandissant son marteau Mjöllnir, et les Valkyries, les guerrières d’Asgard, sont également bien présentes. Les corbeaux d’Odin accompagnent le cortège.
2. Valkyrien (Valkyrie) – Peter Nicolai Arbo (1864 / 1869)

Lieu : Musée national d’Oslo/Stockholm
Arbo a également composé une image de Valkyrie, qui a établi l’image archétypale d’une Valkyrie romantique. Il a créé deux grandes toiles à l’huile de cette composition, l’une se trouvant actuellement en Suède (1864) et l’autre en Norvège (1869).
La Valkyrie fend le ciel, semblant vouloir emporter les âmes des braves guerriers tombés au combat pour les conduire au Valhalla, l’au-delà d’Odin. Elle n’est pas un esprit distant, mais une guerrière bien réelle, brandissant un bouclier rond et une lance levée. Sa chevelure blonde ondulante suggère un mouvement rapide.
Cette image a bouleversé les représentations néoclassiques antérieures des Valkyries en tant que déesses grecques, nymphes ailées ou muses allégoriques, leur conférant une présence viscérale plus appropriée aux divines guerrières nordiques.
3. Le combat de Thor contre les géants (Tors strid med jättarna) – Mårten Eskil Winge (1872)

Emplacement: Musée national, Stockholm, Suède
Ce tableau est l’une des représentations les plus reproduites de Thor, le dieu du tonnerre dans la mythologie nordique. Debout dans son célèbre char tiré par des boucs, il brandit le marteau Mjöllnir pour terrasser les géants qui l’entourent, provoquant éclairs et tonnerre à chaque coup.
Mårten Eskil Winge (1825-1896) était un peintre suédois de renom. Cette œuvre fut exposée à l’Académie royale de Stockholm en 1872 et suscita un vif intérêt. Elle fut saluée comme une expression triomphante de l’identité suédoise et la reconquête de la mythologie scandinave antique, longtemps dominée par l’art gréco-romain.
4. Thor terrassant le serpent de Midgard – Henry Fuseli (1790)

Lieu : Académie royale des arts, Londres
« Thor terrassant le serpent de Midgard » est l’une des représentations les plus anciennes et les plus saisissantes de la mythologie nordique dans l’art occidental moderne. Henry Fuseli présenta cette imposante huile sur toile comme œuvre de fin d’études lors de son élection comme membre à part entière de la Royal Academy of Arts ; elle est aujourd’hui conservée dans la collection de cette académie à Londres.
Il s’agit d’une scène du récit de la partie de pêche de Thor, où il part pêcher avec le géant Hymir et utilise des têtes de bœuf comme appât pour tenter de capturer le Serpent de Midgard, Jörmungandr. Les deux créatures sont destinées à s’entretuer lors du Ragnarök, et Hymir craint que leur rencontre ne déclenche l’apocalypse. Lorsque Thor eut le serpent au bout de son hameçon, Hymir coupa la ligne pour éviter l’affrontement.
5. Loke och Sigyn (Loki et Sigyn) – Mårten Eskil Winge (1863)

Emplacement: Musée national, Stockholm, Suède
Dans cette œuvre, Winge représente le châtiment de Loki pour son rôle dans la mort du dieu Balder. Les dieux enchaînèrent Loki à des rochers et suspendirent un serpent venimeux au-dessus de lui, laissant s’écouler son venin sur son corps. Son épouse Sigyn reste à ses côtés avec un bol pour recueillir le venin et l’épargner de la douleur, mais elle doit parfois s’absenter pour vider son bol, laissant Loki souffrir.
Winge oppose Loki, un géant, figure chaotique, à demi nu, arborant une barbe hirsute et des muscles tendus. Sigyn, déesse Ases, apparaît éthérée dans un drapé classique, avec une allure sereine quoique solennelle.
6. Heimdall ramène Brísingamen à Freyja – Nils Blommér (1846)

Lieu : Malmö Konstmuseum, Suède
Le tableau illustre un épisode relaté dans le poème scaldique Húsdrápa et cité dans l’Edda en prose de Snorri Sturluson. Le précieux bijou de la déesse Freyja, le lumineux collier d’or Brísingamen, fut dérobé dans sa chambre par le fourbe Loki. Heimdall, le gardien d’Asgard, surprit le vol et retrouva Loki. Les deux s’affrontèrent sous forme de sceaux. Heimdall l’emporta et rendit le collier à Freyja.
Nile Blommér s’attache davantage à saisir la quiétude des lieux qu’à la violence du combat. Heimdall se rend au palais de Freyja, Fólkvangr, pour restituer le trésor à sa propriétaire légitime. Freyja, assise sur un trône orné, entourée de ses suivantes, tend une main et presse l’autre contre sa poitrine, soulagée et reconnaissante, tandis qu’Heimdall lui présente la chaîne scintillante.
7. Des funérailles vikings – Frank Dicksee (1893)

Lieu : Galerie d’art de Manchester, Royaume-Uni
Ce tableau représente une scène romantique de funérailles navales: un chef viking est incinéré sur un bûcher en mer. Le navire arbore une proue ornée d’un dragon, caractéristique des drakkars. Le chef viking, en armure complète, son bouclier posé à ses côtés, est lentement consumé par les flammes. Ses compagnons et guerriers poussent le navire à l’eau, tandis qu’un chef de cérémonie, coiffé d’un casque ailé et vêtu d’une cotte de mailles, porte la torche.
Si l’inhumation de navires était une pratique scandinave authentique à l’époque viking, comme en témoignent les découvertes des épaves d’Oseberg et de Gokstad, l’incendie d’un navire et sa dérive en mer relevaient surtout d’une figure littéraire idéalisée, populaire dans la Grande-Bretagne victorienne et la Scandinavie du XIXe siècle. Dicksee était un artiste né à Londres, surtout connu pour ses illustrations des légendes arthuriennes.
8. Ingeborg recevant la nouvelle de la mort de Hjalma – August Malmström (1859)

Emplacement: Musée national de Stockholm
Ce tableau de l’artiste suédois s’inspire de la légende d’Hjalmar l’Arrogant, célèbre champion suédois. Il tomba amoureux de la princesse Ingeborg, fille du roi Yngvi. Bien qu’Ingeborg partageât son amour, son père refusa la demande en mariage d’Hjalmar et la promit finalement au redoutable berserker Angantyr.
Hjalmar et son frère de sang, le héros légendaire Örvar-Odd, se rendirent sur l’île danoise de Samsø pour affronter Angantyr et ses onze frères berserkers. Bien qu’Hjalmar et Odd aient triomphé et tué les douze ennemis, Hjalmar fut mortellement blessé par Tyrfing, l’épée maudite d’Angantyr. À l’agonie, Hjalmar chanta un chant d’adieu et chargea Örvar-Odd de rapporter son anneau à Ingeborg, à Uppsala. Dans le dénouement tragique de la saga, en recevant l’anneau d’Hjalmar et apprenant la nouvelle de sa mort, Ingeborg s’effondra et mourut sur le coup, le cœur brisé.
9. Les Invités d’outre-mer – Nicholas Roerich (1901)

Lieu : Galerie Tretiakov, Moscou
Nicolas Roerich était un artiste et philosophe russe qui a immortalisé les contacts médiévaux entre les Vikings scandinaves et le monde slave. Son œuvre, à la fois évocatrice et vibrante, représente des Varègues vikings arrivant en Rus’ de Kiev en route vers l’Empire byzantin. Peinte avec des couleurs vives et rythmées, elle met en scène d’ornés drakkars vikings naviguant sur les voies navigables russes, témoignant du commerce, de l’exploration et du métissage culturel.
Contrairement à nombre de romantiques du XIXe siècle qui inventaient des accessoires purement théâtraux et fantaisistes, Roerich était un archéologue de terrain actif qui a fouillé des tumulus slaves et nordiques autour de Saint-Pétersbourg et de Novgorod. Il a ainsi enrichi son œuvre de connaissances directes sur la construction navale antique, les boucliers et les établissements fortifiés.
Répliques historiques de la collection VKNG
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Cette bague en bronze, réalisée à la main, s’inspire d’une bague anglo-saxonne découverte dans la Tamise. Elle témoigne de la rencontre des cultures anglo-saxonne et nordique aux Xᵉ et XIᵉ siècles, et présente des motifs zoomorphes d’inspiration nordique.
Ce pendentif, disponible en bronze ou en argent, représente une guerrière viking, probablement une Valkyrie. Il s’inspire d’une petite figurine en argent découverte à Harby, au Danemark.









